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ELZO JAMDONG : Faire des JOJ un tremplin pour les talents
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ELZO JAMDONG Faire des JOJ un tremplin pour les talents
Ambassadeur des JOJ Dakar 2026, le rappeur sĂ©nĂ©galais dĂ©fend une vision de la culture qui associe crĂ©ation, entrepreneuriat et dĂ©bouchĂ©s pour les talents locaux. Une ambition quâil porte Ă travers ses projets musicaux, son festival et ses initiatives dans les rĂ©...
ELZO JAMDONG Faire des JOJ un tremplin pour les talents
Ambassadeur des JOJ Dakar 2026, le rappeur sĂ©nĂ©galais dĂ©fend une vision de la culture qui associe crĂ©ation, entrepreneuriat et dĂ©bouchĂ©s pour les talents locaux. Une ambition quâil porte Ă travers ses projets musicaux, son festival et ses initiatives dans les rĂ©gions.
Pour Elzo JamDong, un spectacle ne se rĂ©sume pas Ă lâartiste qui occupe la scĂšne. Il fait aussi travailler des stylistes, des maquilleurs, des danseurs, des techniciens et des rĂ©gisseurs. « La culture est un Ă©cosystĂšme Ă part entiĂšre, une chaĂźne de valeurs Ă part entiĂšre », explique le rappeur. Cette conception du mĂ©tier traverse ses projets et nourrit son engagement comme ambassadeur des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, dont il souhaite voir les retombĂ©es dĂ©passer le seul cadre sportif. De son vrai nom Elhadji Diallo, le rappeur, chanteur et auteur-compositeur-interprĂšte a progressivement Ă©largi son champ dâaction. Ă la crĂ©ation musicale se sont ajoutĂ©s lâorganisation dâĂ©vĂ©nements et un travail de mise en lumiĂšre des compĂ©tences locales.
Un parcours entre ouverture et enracinement
De ses premiĂšres expĂ©riences musicales Ă ses diffĂ©rents projets, notamment Free Dope en 2014, Freedom en 2016 et MĂ«n Na Nekk, Elzo JamDong a construit un univers mĂȘlant rap, chant et sonoritĂ©s venues dâailleurs. Une Ă©volution quâil regarde aujourdâhui avec le recul de lâexpĂ©rience. « Onze ans de carriĂšre, câest beaucoup dâapprentissage, beaucoup de leçons », confie-t-il. Lâartiste estime avoir gagnĂ© en maturitĂ© et se dĂ©finit dĂ©sormais comme un entrepreneur culturel confirmĂ©. Cette ouverture musicale sâaccompagne dâun attachement Ă ses origines. « Je suis sĂ©nĂ©galais. MĂȘme si je voyage, mes attaches et mes racines sont sĂ©nĂ©galaises », affirme-t-il. Une fidĂ©litĂ© quâil entend traduire dans ses textes et ses choix artistiques.
« Mën Na Nekk », un regard sur les territoires
Cette dĂ©marche prend une dimension particuliĂšre avec son projet MĂ«n Na Nekk, accompagnĂ© dâun film documentaire consacrĂ© aux richesses et aux potentialitĂ©s du SĂ©nĂ©gal. Ă travers cette initiative, lâartiste rappelle que les ressources du pays ne se limitent pas Ă Dakar et que chaque territoire possĂšde des talents qui mĂ©ritent dâĂȘtre dĂ©couverts et accompagnĂ©s.
« La richesse du SĂ©nĂ©gal ne sâĂ©puise pas. Les jeunes de toutes les rĂ©gions ont des avantages et des potentialitĂ©s Ă exploiter dans leur terroir », souligne-t-il. Un propos qui rejoint le parcours quâil a entrepris Ă partir de 2022 dans les quatorze rĂ©gions du SĂ©nĂ©gal, avec la coopĂ©ration allemande, pour mettre en lumiĂšre des trajectoires inspirantes et des possibilitĂ©s professionnelles souvent mĂ©connues. Pour porter ces messages, la musique reste son premier outil. Elle lui permet de toucher diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations et dâaborder les valeurs quâil souhaite dĂ©fendre : la paix, la solidaritĂ©, le patriotisme et lâengagement citoyen.
DerriÚre la scÚne, des métiers
Ă lâorigine du Teaupla Show, devenu Teaupla Festival, Elzo JamDong dĂ©fend une conception collective de lâĂ©vĂ©nementiel. DerriĂšre les artistes visibles sur scĂšne se trouve toute une chaĂźne de professionnels dont le travail reste parfois dans lâombre : stylistes, maquilleurs, coiffeurs, danseurs, techniciens, rĂ©gisseurs et metteurs en scĂšne. Pour lui, la rĂ©ussite dâun spectacle repose sur la mobilisation de ces compĂ©tences complĂ©mentaires. Ă travers cette initiative, il souhaite montrer le potentiel Ă©conomique des industries culturelles et crĂ©atives au SĂ©nĂ©gal. Les mĂ©tiers qui entourent la production artistique offrent aussi des perspectives dâemploi et dâentrepreneuriat.
Encore faut-il rendre les dispositifs dâaccompagnement accessibles. Elzo JamDong appelle ainsi Ă une plus grande proximitĂ© entre les institutions et les nouvelles gĂ©nĂ©rations. Selon lui, les structures publiques doivent davantage aller vers les jeunes, adapter leur communication aux nouveaux usages et miser sur la digitalisation. Il considĂšre les Maisons des cultures urbaines comme des espaces importants, tout en estimant que les efforts doivent ĂȘtre poursuivis.
Prendre sa carriĂšre en main
Sur la professionnalisation du secteur musical, le rappeur invite Ă©galement les artistes Ă prendre leur carriĂšre en main. Dans un environnement transformĂ© par les plateformes numĂ©riques et les nouvelles habitudes dâĂ©coute, il estime que le talent ne suffit plus. Les artistes doivent apprendre Ă se structurer, Ă multiplier les occasions de se produire et Ă mieux maĂźtriser leurs droits. Il cite notamment lâexemple de musiciens peu connus qui, grĂące Ă leurs prestations dans de petits Ă©tablissements et Ă une bonne gestion de leurs dĂ©clarations de droits dâauteur, parviennent Ă tirer des revenus rĂ©guliers de leur activitĂ©. « Il faut ĂȘtre des entrepreneurs, prendre des initiatives et ne pas avoir peur de commencer trĂšs bas », conseille-t-il. Sans nier les insuffisances de lâĂ©cosystĂšme musical, il invite les acteurs Ă sortir de lâattentisme. La construction dâune carriĂšre durable passe aussi, Ă ses yeux, par la capacitĂ© Ă crĂ©er ses propres occasions de travailler.
Les JOJ, un tremplin pour les créateurs
Cette volontĂ© de faire de la crĂ©ation un outil de mobilisation trouve un prolongement dans son rĂŽle dâambassadeur des JOJ Dakar 2026. Fier dâaccompagner les premiers Jeux olympiques organisĂ©s sur le continent africain, le rappeur entend mobiliser les moyens dont il dispose pour sensibiliser les jeunes et les associer Ă lâĂ©vĂ©nement. Musique, contenus numĂ©riques, manifestations et expositions figurent parmi les pistes quâil souhaite explorer.
En septembre dernier, il avait notamment portĂ© la flamme olympique Ă Sandaga, donnant une dimension personnelle Ă cet engagement. Pour Elzo JamDong, les Jeux ne peuvent cependant ĂȘtre rĂ©duits aux seules performances sportives. Les expressions artistiques doivent y occuper une place centrale. « Qui dit sport dit culture et qui dit culture dit forcĂ©ment musique », rappelle-t-il. Lâexistence dâun hymne et la programmation dâactivitĂ©s culturelles autour des compĂ©titions illustrent, selon lui, cette complĂ©mentaritĂ©. Au-delĂ de la visibilitĂ© internationale offerte au SĂ©nĂ©gal, il voit dans les JOJ une occasion pour les crĂ©ateurs locaux de prĂ©senter leur savoir-faire. Artistes, musiciens, techniciens, producteurs et professionnels de lâĂ©vĂ©nementiel pourront rencontrer de nouveaux publics et nouer des collaborations. Les cĂ©rĂ©monies, les concerts et les animations autour des sites et des villages olympiques constituent autant dâespaces dâexpression et dâexpĂ©rimentation.
Lâenjeu, pour le rappeur, est de prolonger ces possibilitĂ©s aprĂšs les compĂ©titions : permettre aux jeunes talents de gagner en expĂ©rience, dâĂ©largir leur public et de trouver de nouveaux dĂ©bouchĂ©s professionnels. Quant Ă lâhĂ©ritage quâil souhaite laisser, Elzo JamDong regarde vers Baaba Maal, IsmaĂ«l LĂŽ et Youssou Ndour. Des artistes qui, Ă ses yeux, ont su porter haut les couleurs du SĂ©nĂ©gal et faire entendre leur musique au-delĂ des frontiĂšres. Il nourrit le rĂȘve de suivre leurs pas, tout en ouvrant, Ă son tour, des chemins Ă dâautres crĂ©ateurs.
Fatou Ba
Section: people