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Afrique centrale : Après les mines, la Chine à la conquête des chaînes de valeur

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De la RDC à l’Angola, en passant par le Cameroun et le Congo-Brazzaville, la présence chinoise en Afrique centrale est souvent présentée comme une conquête minière. L’examen par une équipe de DataCameroon, avec l’appui d’experts de haut niveau des secteurs concernés, dessine pourtant une réalité plus nuancée : si la Ch...

De la RDC à l’Angola, en passant par le Cameroun et le Congo-Brazzaville, la présence chinoise en Afrique centrale est souvent présentée comme une conquête minière. L’examen par une équipe de DataCameroon, avec l’appui d’experts de haut niveau des secteurs concernés, dessine pourtant une réalité plus nuancée : si la Chine est omniprésente dans les chaînes de valeur, son rôle varie fortement selon les pays et les ressources. La République démocratique du Congo (Rdc) constitue le principal pôle minier de la sous-région. Entre 2015 et 2025, sa production de cuivre a connu une progression spectaculaire, passant d’environ un million tonnes à plus de trois millions de tonnes faisant de la RDC, le 2è producteur mondial derrière le Chili, en prenant la place du Pérou dès 2023 selon un classement de Reuters , repris par l’institut congolais de la Statistique (Ins Rdc). Cette croissance a placé le pays parmi les acteurs majeurs du marché mondial du cuivre et renforcé son importance dans l’approvisionnement en minerais stratégiques nécessaires à la transition énergétique. Des analyses basées sur les données d’exportation et les opérations minières indiquent que les entreprises à capitaux majoritairement chinois s’en sont tirées avec environ 60 % à 65 % de la production totale de cuivre de la Rdc sur cette même période. Des rapports et des articles de presse spécialisés consultés par DataCameroon, identifient 19 entreprises à capitaux chinois qui se sont taillées une manne de plus de 2 millions de tonnes de cuivre métal, confirmant cette prépondérance statistique. “Devenue le deuxième producteur mondial de cuivre en 2025, la République démocratique du Congo s’impose comme un acteur clé de l’offre mondiale. Mais derrière cette montée en puissance, l’essentiel de l’extraction, des flux commerciaux et du raffinage reste contrôlé par la Chine, tandis que les États-Unis tentent difficilement de s’imposer dans ce secteur stratégique” fait remarquer l’agence Ecofin dans sa publication du 11 mars 2026. Le cobalt occupe également une place centrale dans cette dynamique. Sa production au Congo a fortement progressé à partir de 2017, soutenue par la demande mondiale de batteries électriques. Cette évolution a accru l’intérêt des investisseurs étrangers, notamment chinois, pour les concessions minières, les infrastructures de transport et les unités de traitement. Dans ce cas de figure, la présence chinoise ne se limite pas seulement à l’extraction. Elle s’étend au financement, à la transformation et à l’exportation des minerais. Par ailleurs, les données analysées situent le contrôle chinois sur les mines de cuivre-cobalt en Rdc autour de 2010 avec un tournant décisif entre 2016 et 2017. En effet, en mai 2016, China Molybdenum Company devenue Cmoc signe avec Freeport-McMoRan l’accord de rachat de sa participation dans Tenke Fungurume Mining (Tfm), opération finalisée en novembre de la même année. En avril 2017, Cmoc acquiert ensuite les 24 % détenus par Lundin Mining et porte à 80 % sa participation à TFM, l’un des plus importants producteurs de cuivre et de cobalt au monde. Ce transfert de contrôle d’un groupe américain vers une entreprise chinoise explique une part importante du bond de l’influence chinoise dans le secteur minier congolais. D’autres géants chinois comme Zijin Mining qui détient environ 39,6 % sur Kamoa-Kakula et d’autres actifs représentent le fleuron chinois dans les mines en Rdc et bien d’autres. A ce titre, elles assurent désormais une part dominante de l’extraction. En 2024-2025, il est estimé que les entreprises à capitaux chinois contrôlent plus de 60 % de la capacité d’extraction de cobalt en Rdc. Dans son rapport publié le 17 janvier 2021, intitulé “Quelles conséquences pour l’Occident de la mainmise croissante de la Chine sur les ressources en cobalt de la Rdc”, le cabinet d’analyse de marché Roskill fait remarquer que “le contrôle croissant de la Chine sur les ressources en cuivre et en cobalt de la République démocratique du Congo pourrait constituer une menace pour les acteurs occidentaux du marché”. Cependant, Benoît Balla Gassango, chercheur senior au Centre africain d’études internationales, diplomatiques, économiques et stratégiques (Ceides) reste plus mesuré sur cette lecture. “La diversification économique chinoise renforce son influence, mais celle-ci reste sectorielle, pragmatique et non hégémonique. Elle ne remplace pas totalement l’influence occidentale, elle la reconfigure”, postule t-il. Pour autant, cette situation met en exergue une réalité sur qui contrôle véritablement la valeur produite par les ressources congolaises. Ce d’autant plus que le pays dispose d’un potentiel minier considérable, mais demeure confronté à des difficultés de gouvernance, de traçabilité, de redistribution des revenus et de contrôle des sites artisanaux comme le pointe dans son rapport, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie-rdc) publié en novembre 2025. L’industrialisation de la production coexiste ainsi avec des circuits informels et des tensions sociales persistantes. En RCA, la Chine dans le désordre La situation est très différente en République centrafricaine. Le pays ne dispose pas de statistiques fiables permettant de mesurer précisément sa production aurifère. L’exploitation repose largement sur des activités artisanales, souvent informelles, dans des zones où l’autorité de l’État demeure limitée et où interviennent parfois des groupes armés. Il s’agit notamment des régions allant de la Haute-Kotto à l’Ouaka et au Mbomou où le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (Fprc) entre autres, continuent d’exercer une présence sur certains sites miniers comme le documente le rapport 2026 de l’Indice de transformation Bertelsmann (Bti). Cet organisme analyse les indices de transformation politique et économique des pays en transition. “Depuis une dizaine d’années, la Rca est en proie à une guerre civile qui cause une importante insécurité dans l’ensemble du pays” indique le rapport. “L’Etat centrafricain n’exerce son autorité effective que sur une partie du territoire, de nombreuses régions restent aux mains de groupes rebelles” précise le dit rapport. Les diamants sont officiellement suivis dans le cadre du Processus de Kimberley. Les exportations enregistrées se situeraient autour de 100 000 à 150 000 carats par an au cours de la période étudiée (2015-2025). Convertis en masse, ces volume... www.dakaractu.com

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