Projet gazier GTA : à Guet Ndar, les pêcheurs réclament réparation à BP et Kosmos Energy
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À Saint-Louis, des pêcheurs artisanaux dénoncent les conséquences du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim sur leurs activités. Privés, selon eux, d’une partie de leurs zones de pêche, ils demandent la reconnaissance des préjudices subis, des réparations et un mécanisme indépendant de traitement de leurs plaintes. Les fem...
À Saint-Louis, des pêcheurs artisanaux dénoncent les conséquences du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim sur leurs activités. Privés, selon eux, d’une partie de leurs zones de pêche, ils demandent la reconnaissance des préjudices subis, des réparations et un mécanisme indépendant de traitement de leurs plaintes. Les femmes transformatrices rejoignent cette mobilisation.
À Guet Ndar, le développement du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, dit GTA, nourrit une contestation autour de l’accès aux ressources halieutiques. Selon L’Observateur, des représentants de la pêche artisanale mettent en cause les conséquences des installations exploitées par BP et Kosmos Energy sur leurs moyens de subsistance. Au centre de leurs revendications figure Jatara, un récif naturel qu’ils présentent comme un espace essentiel à leur activité. El Hadji Dousse Fall, représentant des pêcheurs artisanaux de Saint-Louis, décrit une zone d’environ quatre kilomètres de longueur et de 800 à 900 mètres de largeur. Ce récif abriterait notamment des espèces recherchées par les pêcheurs, parmi lesquelles le thiof, le thiekem et la daurade. Pour les professionnels, Jatara représente à la fois un lieu de capture, un espace de reproduction des poissons et un patrimoine transmis entre générations. Le responsable affirme que les restrictions dépasseraient, dans la pratique, le périmètre de sécurité officiellement fixé à 500 mètres autour des installations. Les pirogues seraient repoussées à près d’un kilomètre. L’Observateur cite également un rapport sectoriel publié en 2024 par LSD Energy Transition Fund : 99 % des personnes interrogées y déclaraient une réduction des superficies accessibles à la pêche. De son côté, BP évaluait à environ 3,24 kilomètres carrés la perte de zones de pêche potentielles, dont 1,6 kilomètre carré dans la partie sénégalaise. Les représentants des pêcheurs insistent sur les répercussions économiques de cette situation. El Hadji Dousse Fall évoque plus de 400 pirogues et plus de 2 000 pêcheurs directement concernés, tout en affirmant que plus de 700 embarcations travaillaient auparavant dans cette zone. Derrière ces professionnels, rappelle-t-il, vivent également des mareyeuses, des manutentionnaires, des vendeurs de glace, des fournisseurs de carburant et des transporteurs. Le responsable accuse par ailleurs les forces chargées de la surveillance maritime d’avoir confisqué ou endommagé des pirogues. Il fait état de douze embarcations qui auraient été perdues du côté mauritanien, sans indemnisation de leurs propriétaires. Ces déclarations sont rapportées comme celles des représentants des pêcheurs. L’organisation SynDev, qui accompagne les communautés, entend désormais porter leurs revendications sur le terrain des droits humains. Son fondateur et directeur exécutif, Aly Marie Sagne, considère le cinquième Forum africain sur les entreprises et les droits de l’homme, organisé à Dakar du 29 septembre au 1er octobre 2026, comme une occasion de faire entendre les populations affectées. Il insiste sur la nécessité de reconnaître les impacts et d’apporter des réparations lorsqu’ils sont établis. Les femmes transformatrices demandent également à être associées aux décisions. Fama Sarr réclame davantage de transparence sur les éventuels incidents liés aux opérations gazières et leurs conséquences environnementales. Elle souhaite surtout que les plaintes puissent être examinées par un mécanisme indépendant. Pour ces communautés, la question dépasse l’occupation d’un espace maritime : elle concerne la préservation de toute une économie locale.
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