POLITIQUE
LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE : Pastef pose ses conditions au gouvernement
Admin
âą
âą
đ ImportĂ©
LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE Pastef pose ses conditions au gouvernement
Face au projet de loi de finances rectificative (LFR), les députés de la majorité parlementaire soutiennent qu'ils ne cherchent pas à bloquer l'action gouvernementale ni les transferts sociaux. Le parti d'Ousmane Sonko demeure exigeant par rappo...
LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE Pastef pose ses conditions au gouvernement
Face au projet de loi de finances rectificative (LFR), les députés de la majorité parlementaire soutiennent qu'ils ne cherchent pas à bloquer l'action gouvernementale ni les transferts sociaux. Le parti d'Ousmane Sonko demeure exigeant par rapport à la transparence et au maintien des investissements prioritaires dans les services publics.
Transparence et réserves sur la LFR : la mise au point d'El Malick Ndiaye
Les débats autour de la loi de finances rectificative (LFR) continuent de susciter de vives réactions dans l'espace politique. Lors d'un point de presse organisé par son parti ce dimanche, El Malick Ndiaye, ancien président de l'Assemblée nationale, a tenu à clarifier la posture des parlementaires de sa formation. Face aux accusations d'obstruction, le responsable politique assure que les députés de Pastef ne s'inscrivent nullement dans une démarche de blocage systématique de l'action publique, mais entendent au contraire formuler des propositions constructives et responsables pour préserver les ménages.
« Nous ne refusons pas le dialogue et nous ne cherchons pas à bloquer les bourses de sécurité familiale », a-t-il affirmé.
L'objectif affiché par les parlementaires du parti est d'obtenir la mise en place de mécanismes clairs, précis et transparents. Selon eux, la protection des citoyens et le soutien à leur pouvoir d'achat exigent une gouvernance exemplaire et des garanties concrÚtes pour que les Sénégalais soient « effectivement protégés ».
Au-delĂ des modalitĂ©s d'application, El Malick Ndiaye exprime de profondes rĂ©serves quant Ă l'opportunitĂ© mĂȘme de voter un tel texte Ă ce stade de l'annĂ©e financiĂšre. Selon le vice-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale, le projet de loi de finances rectificative soumis aux dĂ©putĂ©s intervient Ă une pĂ©riode oĂč l'essentiel des crĂ©dits et des ressources budgĂ©taires en jeu est dĂ©jĂ largement engagĂ©, voire totalement consommĂ© par l'administration. Dans ces conditions, les marges de manĆuvre pour rectifier le tir s'avĂšrent particuliĂšrement restreintes. « MĂȘme si ce texte Ă©tait adoptĂ©, son impact resterait limitĂ© », a-t-il soutenu.
à travers cette position exprimée ce dimanche, la formation politique réaffirme sa double exigence : une transparence rigoureuse concernant la gestion des fonds d'aide sociale et l'arbitrage de choix budgétaires dont l'impact économique direct sur le pouvoir d'achat des populations est « réellement perceptible ».
Sur un autre terrain, alors que le gouvernement cherche Ă maintenir le contact avec le Parlement, les tentatives de rapprochement menĂ©es par l'ExĂ©cutif se heurtent Ă de vives rĂ©ticences au sein du groupe parlementaire de la majoritĂ©. La rĂ©cente main tendue par le Premier ministre Al Aminou Lo a suscitĂ© des rĂ©actions trĂšs fermes de la part d'El Malick Ndiaye, lors de cette mĂȘme rencontre avec la presse, dĂ©nonçant ouvertement des attitudes jugĂ©es contradictoires et dĂ©valorisantes Ă l'endroit de la reprĂ©sentation nationale.
Le député a fermement critiqué des prises de position publiques qu'il estime irrespectueuses envers les parlementaires de son groupe, mettant en doute la bonne foi de l'appel à la concertation lancé par la primature : « Il ne peut pas se permettre de nous insulter, de nous rabaisser, de dire que les députés de Pastef ne parlent pas bien français et ensuite revenir nous parler de dialogue », a-t-il fait valoir.
Pour l'ancien prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale, cette situation pose une question fondamentale de cohĂ©rence politique et de considĂ©ration institutionnelle. Interrogeant la sincĂ©ritĂ© de la dĂ©marche gouvernementale, le parlementaire a lancĂ© une interpellation directe : « Ils dialoguent avec qui ? », sâest-il interrogĂ©.
Ă travers cette dĂ©claration, El Malick Ndiaye rappelle que toute concertation rĂ©publicaine doit reposer sur des bases saines et sur un respect mutuel strict entre les pouvoirs exĂ©cutif et lĂ©gislatif. Cette sortie met en lumiĂšre la persistance de vives tensions politiques alors mĂȘme que le chef du gouvernement affirme sa disposition Ă Ă©changer directement avec les Ă©lus de Pastef pour dĂ©bloquer la situation.
Ăducation et services publics au cĆur du bras de fer budgĂ©taire
Au-delà des querelles de méthodes et de ton, le différend entre l'Exécutif et la majorité parlementaire porte sur des choix d'orientation budgétaire structurants pour le pays. L'un des points de friction les plus importants concerne la prise en charge des infrastructures éducatives, et plus particuliÚrement la question de la résorption des abris provisoires dans le systÚme scolaire sénégalais.
Intervenant Ă©galement lors du point de presse de ce dimanche, le prĂ©sident du groupe parlementaire Pastef, Ayib DaffĂ©, est montĂ© au crĂ©neau pour dĂ©plorer la suppression des crĂ©dits initiaux qui Ă©taient spĂ©cifiquement allouĂ©s Ă la rĂ©sorption de ces abris. Selon lui, ce programme constitue une politique publique vitale pour rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s territoriales et sociales, tout en garantissant une vĂ©ritable Ă©galitĂ© des chances pour tous les Ă©lĂšves du pays. « On ne peut pas sacrifier lâĂ©ducation », a-t-il dĂ©fendu avec vĂ©hĂ©mence.
à l'instar d'El Malick Ndiaye, Ayib Daffé tient à préciser que son groupe ne cherche en aucun cas à paralyser la marche des institutions ou à rejeter d'emblée la discussion. Toutefois, le parlementaire insiste sur le fait que l'opposition de son parti porte sur la hiérarchie des dépenses publiques retenue dans le projet de LFR, des arbitrages qui pourraient avoir des conséquences néfastes sur la qualité des services offerts aux citoyens.
Tout en reconnaissant le bien-fondé et l'importance des bourses de sécurité familiale destinées à soulager de maniÚre immédiate les ménages les plus vulnérables face à la conjoncture économique difficile, le président du groupe parlementaire estime que l'assistance financiÚre directe ne doit pas se faire au détriment des investissements d'avenir.
« Donner de lâargent aux SĂ©nĂ©galais pour les soulager est une bonne idĂ©e, mais leur donner cet argent sans avoir d'Ă©coles pour apprendre, d'hĂŽpitaux pour se soigner et de routes pour se dĂ©placer n'est pas pertinent », soutient-il.
MAMADOU DIOP
Section: politique