POLITIQUE
Guerre Pastef contre Kiiraay : alea jacta est
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Guerre Pastef contre Kiiraay : alea jacta est
Le rejet en commission parlementaire du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 par le Pastef (parti majoritaire dirigé par Ousmane Sonko) au Sénégal a mis en exergue plusieurs enjeux majeurs.
Sur ce, le ministre des Finances Cheikh Diba, et, les économistes,...
Guerre Pastef contre Kiiraay : alea jacta est
Le rejet en commission parlementaire du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 par le Pastef (parti majoritaire dirigé par Ousmane Sonko) au Sénégal a mis en exergue plusieurs enjeux majeurs.
Sur ce, le ministre des Finances Cheikh Diba, et, les Ă©conomistes, ont averti qu'un rejet a envoyĂ© un signal nĂ©gatif aux partenaires techniques et financiers, alors que le SĂ©nĂ©gal est en discussion pour un nouveau programme d'aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. ConcrĂštement, selon lâavis de plusieurs spĂ©cialistes, un blocage budgĂ©taire fragilise la confiance sur la viabilitĂ© de la dette publique.
Justement le texte de loi soumis par le gouvernement, vise entre autres Ă ajuster les comptes, et Ă gĂ©rer les arriĂ©rĂ©s de paiement dus aux entreprises. Son rejet dâaprĂ©s les spĂ©cialistes de la question complique le rĂšglement de ces crĂ©ances et la mise en Ćuvre des dĂ©penses publiques.
Ce dĂ©saccord entre lâexĂ©cutif et le lĂ©gislatif est symptomatique dâune guerre qui aura lieu au dĂ©pend de la population. Il met en lumiĂšre des dĂ©saccords d'arbitrage budgĂ©taire entre la ligne du gouvernement et la majoritĂ© parlementaire. Et pour sortir de l'impasse, le gouvernement dispose de leviers juridiques, comme l'engagement de sa responsabilitĂ© sur le texte de loi ou la poursuite du dialogue pour trouver un compromis sur les amendements.
Le prĂ©sident Bassirou Diomaye Faye veut la paix Ă tout prix. Câest louable. Mais depuis deux ans, on ne sait pas oĂč on va. Le pays est sens dessous dessus au nom de la paix. Ajuste raison. Lâancien prĂ©sident Abdou Diouf disait je le cite en mĂ©moire « aucun dĂ©veloppement nâest possible sans la paix. VĂ©ritĂ© universelle, impossible Ă dĂ©mentir.
La paix ! Oui ! Mais, pas la paix Ă nâimporte quel prix ! Non et non !! et non encore. Ce me semble, que, entre Pastef, et, Kiiraay, nous sommes dans une logique de guerre politique. La guerre est inĂ©vitable. En somme, ils ont tous les deux franchi toutes les lignes rouges.
Le prĂ©sident Bassirou Diomaye faye et son premier ministre Al amine Lo dĂ©fendent la mĂȘme ligne de paix pour attirer les investisseurs. Câest louable ! Mais les « sĂ©nĂ©galais sont fatiguĂ©s ». Comme le disait feu kĂ©ba Mbaye en 1981. Aujourdâhui, en 2026, les sĂ©nĂ©galais sont plus que fatiguĂ©s, meurent de fatigue, et de misĂšre.
Si la recherche de la paix, du compromis est une qualité démocratique, la complaisance systématique mÚne souvent à des crises majeures telles que :
La perte de crédibilité, et, d'autorité, in extenso, le dirigeant n'est plus respecté, car ses menaces ou ses promesses ne sont pas suivies d'effets.
LâInstabilitĂ© institutionnelle, in extenso, les institutions s'affaiblissent car les rĂšgles ne sont plus appliquĂ©es avec rigueur.
La gĂ©nĂ©ralisation de la crise, in extenso, Ă force de repousser les rĂ©formes ou les arbitrages difficiles, la situation Ă©conomique ou sociale finit par s'aggraver brutalement. Pour aider Ă mieux comprendre convoquons lâhistoire dâun homme politique Ă titre pĂ©dagogique.
En effet, selon le rĂ©cit de certains historiens, Neville Chamberlain, ancien premier ministre britannique de mai 1937 Ă mai 1940, reste historiquement cĂ©lĂšbre pour avoir menĂ© la politique d'apaisement (appeasement) face Ă Adolf Hitler, une stratĂ©gie qui visait Ă Ă©viter une nouvelle guerre mondiale en cĂ©dant Ă certaines revendications territoriales de l'Allemagne nazie. Lâhistoire montrera plus tard quâil avait tort.
Face Ă Hitler, qui, menaçait d'envahir la TchĂ©coslovaquie pour annexer la rĂ©gion des SudĂštes (peuplĂ©e de minoritĂ©s allemandes), Chamberlain choisit la nĂ©gociation directe. Il rencontre Hitler Ă trois reprises en Allemagne. Il signe les accords de Munich les 29 et 30 septembre 1938, aux cĂŽtĂ©s du Français Ădouard Daladier, de l'Italien Benito Mussolini et d'Adolf Hitler.
Finalement, la France, et le Royaume-Uni, dâaprĂšs le rĂ©cit de certains historiens ont abandonnĂ© leur alliĂ© tchĂ©coslovaque et autorisĂšrent Hitler Ă annexer les SudĂštes contre une promesse de paix globale. En rentrant Ă Londres, Neville Chamberlain brandit le document sur le tarmac de l'aĂ©roport, et, dĂ©clare avoir garanti « la paix pour notre Ă©poque » (peace for our time).
BriĂšvement, selon certains analystes de la seconde guerre mondiale, relativement au choix de sa politique d'apaisement, Neville Chamberlain n'agissait pas par lĂąchetĂ©, dâaprĂšs ses partisans, mais, par une conviction profonde partagĂ©e par une grande partie de l'opinion publique britannique, traumatisĂ©e par les millions de morts de la premiĂšre guerre mondiale. Aussi, ses objectifs politiques et stratĂ©giques Ă©taient de gagner du temps pour moderniser l'armĂ©e britannique, et, l'aviation royale (RAF), qui, Ă©taient encore sous-Ă©quipĂ©es.
Cependant, ce quâil nâavait pas compris, traiter Hitler comme un dirigeant nationaliste aux ambitions rationnelles et limitĂ©es qu'il pensait pouvoir satisfaire Ă©tait une erreur monumentale.
In fine, l'illusion de la paix de Neville Chamberlain va s'effondre en mars 1939 lorsque Hitler a violé les accords de Munich et envahit le reste de la Tchécoslovaquie.
Constatant l'Ă©chec total de sa stratĂ©gie, Neville Chamberlain changea radicalement de posture. Il signa un traitĂ© de garantie militaire avec la Pologne. Le 3 septembre 1939, deux jours aprĂšs l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, il semble que, câest lui, qui, a prononcĂ© le cĂ©lĂšbre discours radiophonique qui, a dĂ©clarĂ© la guerre Ă l'Allemagne nazie.
Au total, Neville Chamberlain a dirigĂ© le pays durant les premiers mois de la seconde guerre mondiale. Cependant, selon le rĂ©cit de certains historiens, aprĂšs le fiasco de la campagne de NorvĂšge au printemps 1940, quâil a perdu la confiance du Parlement et de son propre parti. Il a dĂ©missionnĂ© le 10 mai 1940, en cĂ©dant sa place de premier ministre Ă Winston Churchill, qui, avait Ă©tĂ© l'un des rares opposants fĂ©roces Ă sa politique d'apaisement.
Que Dieu bénisse le Sénégal !
Vive le Sénégal !
vive la république !
Baba Gallé Diallobabadediana@gmail.com
Section: libreparole